Communiqués de presse

Réforme de la formation professionnelle : TECH IN France salue la direction prise par le Gouvernement mais demande des engagements plus ambitieux

Publié le March 7, 2018

TECH IN France salue les grandes lignes de la réforme de la formation professionnelle annoncée par la ministre du Travail, Murielle Pénicaud, lundi 5 mars 2018, et invite le Gouvernement à poursuivre dans cette voie en prenant des engagements plus ambitieux. Si cette réforme comporte de nombreux aspects positifs, elle pourrait en l’état négliger certains pans décisifs pour les entreprises du numérique. TECH IN France estime qu’il faut poursuivre l’effort afin d’assurer aux entreprises les moyens financiers adéquats à leurs besoins en formation ; impliquer davantage ces dernières dans les parcours universitaires et de formation ; faciliter la formation tout au long de la vie, aux évolutions des métiers du numérique.

Le texte, qui prévoit notamment l’accompagnement des jeunes diplômés à l’évolution des métiers et aux grandes transformations telles que celles portées par le numérique, apporte une première réponse aux problématiques rencontrées par les entreprises du secteur. Aujourd’hui celles-ci sont très fréquemment confrontées à une pénurie de main d’œuvre, ce qui paraît aberrant dans un contexte de fort chômage. Les besoins en compétences numériques dans le secteur des éditeurs de logiciels et sociétés internet vont croître de manière significative, et ce même dans les périodes de faible croissance. C’est donc dès maintenant qu’il faut prendre la mesure de ce changement et engager des mesures concrètes afin de s’y préparer.

Plus globalement, TECH IN France se félicite du renforcement des droits à la formation ainsi que de la simplification des démarches administratives initiés par la réforme de Mme Pénicaud. L’augmentation du compte personnel de formation pour chaque salarié permettra de poursuivre un apprentissage tout au long de la vie, indispensable pour s’adapter en temps réel aux évolutions du secteur. La simplification des démarches administratives, qui passera notamment par la création d’une plateforme en ligne et un circuit de financement plus direct, devra donner une réalité à l’apprentissage tout au long de la vie et à la mobilité.

Toutefois, en l’état, la réforme ne répond pas à la grande incertitude que rencontrent les entreprises du secteur numérique sur les moyens financiers qui resteront à leur disposition pour financer leurs besoins en formation. La transformation des OPCA, devra réellement se traduire par une plus grande efficacité dans l’accès à la formation et ne pas privilégier une certaine catégorie d’acteurs par rapport à une autre. La formation des salariés est un enjeu majeur à l’heure de la transformation numérique, et il est primordial que le Gouvernement en prenne la mesure en donnant aux entreprises les moyens de maintenir et de développer la compétence de leurs collaborateurs.

Ainsi, TECH IN France souhaite que la réforme aille plus loin et propose notamment de créer un « Crédit impôt formation » pour les emplois innovants afin d’inciter les entreprises à former leurs salariés aux dernières évolutions technologiques ; de moderniser les formats et généraliser les formations en ligne au sein des entreprises ; de mettre en œuvre une meilleure reconnaissance des formations dispensées afin d’améliorer la visibilité des formations favorisant le développement des compétences sur les nouveaux métiers du numérique ; ou encore de créer un label « entreprise formatrice numérique » afin de valoriser les entreprises priorisant l’évolution et le développement des compétences de leurs salariés.

TECH IN France rappelle que pour être efficace, cette modernisation enclenchée par le Gouvernement doit impérativement se faire en concertation étroite avec les entreprises du numérique, et se traduire par une collaboration plus étroite entre le monde de l’éducation - notamment le monde de l’enseignement supérieur - et les professionnels. Car encore aujourd’hui, face aux transformations du marché du travail induites par le numérique et aux évolutions très soutenues de la technologie dans ces métiers, la mise en adéquation des cursus et des programmes de formation reste trop lente.