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Japon, terre promise d’innovation pour les éditeurs français ?

Publié le 26 novembre 2018

Le Japon représente-t-il un terreau fertile pour les entrepreneurs et investisseurs français ? Si le Japon apparaît comme un pays économiquement robuste et ouvert à l’innovation, il n’en demeure pas moins qu’accéder à son marché peut s’avérer complexe. C’est pourquoi TECH IN France a organisé une conférence avec le gouvernement du Japon en vue d’aider les éditeurs à élargir leur horizon et dégager de nouvelles opportunités de développement.

Le Japon poursuit sa mue économique. Auparavant considéré comme difficile d’accès du fait de barrières à l’entrée peu perméables, de frontières culturelles et de business model complexes, le pays se targue à présent de proposer les ingrédients pour proposer aux entrepreneurs européens, et français, d’investir sur le marché national. Des mesures fortes, comme les Abenomics, dont l’appellation provient de Shinzō Abe, le Premier ministre du pays, ont permis la mise en place de programmes incitatifs en faveur d’une meilleure inclusion des entreprises étrangères.

Invité dans les locaux de TECH IN France, pour une conférence réunissant entrepreneurs nippons et éditeurs français, le gouvernement japonais indique qu’il mène une stratégie de la main tendue. « Nous sommes clairement dans une approche d’innovation ouverte. Notre approche économique change et sommes à présents à même d’apporter des relais de croissance et des ressources complémentaires aux entreprises situées hors de notre territoire », explique Keiko Yamamoto, Counsellor Office of Global communications. Le gouvernement entend ainsi rencontrer les start-up, ETI et entreprises françaises afin de les épauler dans leur objectif d’investir au Japon.

Pour l’administration Abe, la feuille de route est explicite : identifier les éventuels relais que pourrait procurer l’écosystème du pays à un entrepreneur tricolore, mettre en relation les start-ups des deux Etats puis, plus généralement, dessiner les contours de nouvelles collaborations entre la France et le Japon. « Depuis juin, nous avons lancé le programme étatique J-Start-up, dans le but de soutenir et promouvoir le développement économique des structures naissantes et innovantes. L’objectif est de créer et recevoir les prochaines licornes », précise Keiko Yamamoto.

Le pendant de cette mesure est de mettre en lumière les sociétés japonaises à forte croissance dans l’optique de les soutenir dans leur mise à l’échelle internationale. C’est le cas de Mercari, sorte de Leboncoin nippon et véritable licorne dont la réussite est due à un savant mélange entre personnalisation de l’offre et proposition de valeur majoritairement mobile. Après s’être initialement adressée à un public jeune et féminin, la plateforme C2C vise à présent de nouveaux marchés.

Ren Ito, PDG de Mercari Europe, détaille sa vision stratégique : « Nous continuons d’investir massivement, et cette volonté passe naturellement par l’Europe. C’est pourquoi nous nous sommes tout d’abord intéressés à Royaume-Uni car doté d’un écosystème E-Commerce développé et riche en savoirs. Mais nous regardons à présent vers d’autres contrées ». Pour Mercari, rechercher de nouvelles implantations territoriales fait naturellement sens. La société mise sur une localisation forte de ses produits et peut développer de nouveaux relais de croissance en s’attaquant à de nouveaux pays.

Les atouts du Japon : innovation, investissement et travail de pointe

Pour séduire les entrepreneurs, le Japon mise sur ses atouts majeurs à savoir l’innovation technologique. En 2017, un rapport émanant du cabinet Clarivate Analytics a ainsi noté que le pays était parvenu à placer pas moins de 39 entreprises ou institutions de recherche publique parmi les 100 plus innovantes. Dans ce classement mondial, l'électronique et le matériel informatique étaient les plus présent avec un quart des entreprises citées. Ce terreau fertile représente donc un atout pour les entreprises innovantes européennes.

Un point que tient à souligner Kei Shimada, Directeur de l’Innovation, responsable du Digital Makers Lab au sein d’IBM Japon : « Les start-ups françaises ont à présent une indéniable opportunité d’investir car le Japon est certes en pointe sur de nombreux secteurs mais possède également de nombreux besoins. Notre écosystème est riche en termes d’incubateurs, de grands groupes qui conduisent des stratégies d’open innovation, d’universités ou même d’autres start-ups. Les entreprises françaises ne seront en rien dépaysées ». Preuve en est, la démarche de l’IBM Blue Hub atteint sa cinquième année de fonctionnement en misant sur des secteurs à présent courus tels que la réalité virtuelle, la réalité augmentée, l’Internet des objets… et ce dans des secteurs divers tels que la banque, l’assurance, les transports ou bien encore la santé.

Hervé Cebula, président de Mediatech groupe et membre du conseil d’administration de TECH IN France témoigne : « Le Japon est une destination formidable pour les compagnies françaises à condition toutefois qu’elles connaissent parfaitement le milieu dans lequel elles vont s’implanter. Il y a toujours une période d’adaptation, plus ou moins longue, pour qu’une entreprise française et japonaise apprennent à se parler. D’expérience, j’ai vécu des incompréhensions avec nos partenaires.  A partir du moment où nous avons établi une manière conforme de délivrer le service demandé, les relations se sont considérablement réchauffées ». 

Si le travail de compréhension pour combler les différences d’organisation demeure important, France et Japon sont désormais en phase dans leur recherche commune de synergies. Un argument de taille, pour qu’à l’image de Londres ou de la Silicon Valley, l’Hexagone devienne une place forte de l’innovation et de l’entrepreneuriat international.